Suite
à la demande de notre nouveau socius voici quelques nouvelles de Tamba.
D’abord, il faut dire aux compagnons qui ont eu la joie de passer quelques années
à Tamba le bon souvenir des chrétiens et des chrétiennes de saint Pierre
Claver.
L’œuvre
de Tambacounda, c’est principalement deux domaines d’activités apostoliques :
la paroisse et le Centre saint Pierre Claver. Le P. Adrien Léonard, supérieur
de la communauté, étant respectivement responsable de la paroisse et directeur
du Centre. Christophe Koulyo, régent de seconde année, travaille au Centre en
donnant des cours de mathématique, en accompagnant des jeunes dans une activité
théâtrale. Il est aussi très précieux pour la catéchèse à la paroisse.
Malheureusement, il doit bientôt nous quitter pour ses études théologiques.
C’est pour cette raison que depuis quelques semaines nous l’entendons parler
en anglais dans la salle d’ordinateur. Il est aidé par une charmante
demoiselle virtuelle… Le P. André Gagnon qui nous a rejoint la deuxième
quinzaine du mois de janvier 2002 aide activement à la paroisse en assurant les
messes quotidiennes et l’organisation de la catéchèse. En vue de
re-dynamiser les Communautés de Bases (C.E.B.), il a commencé à faire la
visite (deux fois par semaine) des familles chrétiennes de la paroisse en
compagnie d’une religieuse de la communauté du noviciat des sœurs de saint
Joseph d’Annecy. Cette religieuse étant elle-même Bassari et connaissant
pratiquement tous les « fidèles » lui sert de guide et d’interprète.
La
ville de Tambacounda compte trois paroisses. Saint Pierre Claver est située à
la périphérie. Elle est la plus jeune paroisse de la ville… et la plus
pauvre ! Les chrétiens et les chrétiennes qui fréquentent notre paroisse
sont majoritairement Bassari, une ethnie minoritaire au Sénégal.
Au
centre saint Pierre Claver, le ramadan ayant commencé tôt cette année (en décembre,
soit un mois et demi après la rentrée scolaire), suivi de la Coupe d’Afrique
des Nations (CAN), les activités ont été un peu perturbées. Très peu d’élèves
venaient travailler à la bibliothèque ou dans les cases. Même ceux bénéficiant
des cours de rattrapage ne venaient pas. Il faut dire que pendant le ramadan
c’est tout le pays qui tourne au ralenti ; vers onze heures du matin les
bureaux sont désertés.
Par
ailleurs, la CAN qui a eu lieu au Mali voisin un mois environ après le ramadan,
a perturbé considérablement les activités du Centre. Ordinairement c’est à
seize heures que les élèves envahissent les cases ou la bibliothèque. Or,
c’est précisément à cette heure-là que commençaient les matchs ; le
choix spontané des élèves fut de rester devant un poste téléviseur. Autre
chose, c’est que les primes accordées aux joueurs sénégalais devant
participer à la CAN avaient suscité chez beaucoup de jeunes des espoirs peu réalistes.
Ces jeunes « naïfs » se sont dit qu’avec le football on peut
facilement gagner des millions et qu’il valait mieux s’y lancer que de se
perdre dans les livres inutilement ! Nous notons depuis deux semaines que
ces illusions sont en train de se dissiper, elles fondent comme neige au soleil
et les présences au Centre remontent !
Notons enfin que l’Eglise locale de Tambacounda est en synode et tous les trois nous y sommes engagés. La première session synodale a eu lieu au mois de décembre, le but étant de trouver une vision globale de l’Eglise locale, ce que les participants ont trouvé : « Une Eglise Famille de Dieu inculturée, témoin de Jésus-Christ et des Valeurs du Royaume (de Dieu) dans un Sénégal Oriental prospère, moderne et épanoui ». Elle fut retenue au terme de trois jours d’intenses travaux. La deuxième session de février animée par l’abbé Léon Diouf (théologien et vicaire épiscopal de l’archidiocèse de Dakar) avait pour thème « Evangélisation et Inculturation ». Son but était de connaître ce que nous entendons par l’inculturation, en vue de répondre à la devise de notre évêque : « Enraciner l’Evangile ». La prochaine session est programmée pour le mois d’avril, elle examinera l’apostolat des laïcs, elle sera animée par l’évêque du diocèse de Thiès, responsable de ce ministère au Sénégal.
Avril 2002, n° 179