1. Histoire de notre Province : 30 ans de présence jésuite au SénégalA - Ziguinchor. Le collège Saint-Charles Lwanga1- Collège.C’est à la demande de Mgr Augustin Sagna, évêque de Ziguinchor, que nous avons pris en charge le collège Saint-Charles Lwanga. Nous y sommes demeurés dix ans, soit du 1er septembre 1973 au 12 août 1983, jour de notre départ pour Tambacounda. Notons tout de suite qu’il revient au P. Charles Dubé d’avoir assuré le début du collège. En effet, il ouvre, à la demande de Mgr Sagna, deux classes de Seconde, en octobre 1970, à la Maison des Oeuvres du diocèse ; en 1971, s’ajoutent deux classes de Première. Le P. Dubé rentre au Canada en juillet 1972. C’est l’abbé François Diandy qui prend la relève et ouvre deux classes de Terminale. A Pâques, avril 1973, le personnel et les élèves se transportent dans les nouveaux bâtiments. En septembre 1973, une équipe, composée de six jésuites, arrive pour prendre officiellement charge du collège. Equipe de 5 Pères et un Frère, soit les Pères Adrien Léonard, directeur, Yvan Carrier, professeur de sciences naturelles, Charles Dubé, professeur de français, Gérard Goulet, professeur de latin et français, Paul-Emile Tremblay, professeur de sciences physiques et le F. Mathurin Charlot, qui quitte, en avril 1974, son travail d’installation de la communauté étant terminé. A cette équipe s’étaient joints six religieuses du Bon Conseil dont 4 enseignantes, et 3 coopérants laïcs canadiens. En septembre 1974 s’ajoute à l’équipe le P. Alfred Ducharme, professeur de sciences physiques, qui nous quittera en juillet 1977. Le P. Paul-Emile Tremblay quitte à son tour, en juillet 1979 et est remplacé en décembre de la même année par le P. Chrysologue Allaire, professeur de sciences physiques. Le P. Allaire est nommé supérieur de la communauté. Ajoutons la venue dans notre communauté du P. Roger Lavoie, qui, de 1979 à 1982, a enseigné les sciences naturelles au séminaire Saint-Louis, puis il est rentré au Canada. Aucun événement spécial n’a marqué la vie du collège, durant notre séjour à Ziguinchor. Nous avons bâti un collège de la Compagnie ! Avec sa discipline, ses exigences académiques et de bons résultats (en général) aux examens de l’Etat. Collège dont les effectifs variaient entre 300-350 élèves, mixte, mais nettement majoritaire garçons, de religion catholique (50%), musulmans et quelques animistes, mais sans problème de cohabitation, collège de second cycle, composé, selon les années, de 8 ou 9 classes. Bref un collège ordinaire. Ajoutons enfin que nous avons équipé le collège d’une bonne bibliothèque (5000 livres) et de laboratoires de sciences physiques et sciences naturelles. En juillet 1983, nous quittons le collège, estimant que nous avons atteint le but proposé. Le collège est bien organisé et nous jugeons qu’il appartient maintenant au clergé diocésain de prendre la relève, puisqu’il s’agit de son œuvre. 2- PastoraleEn plus de notre ministère au collège auprès des élèves (messe hebdomadaire, groupes de réflexion chrétienne, direction spirituelle, rencontre islamo-chrétien, etc.), nous avons eu durant ces dix années à Ziguinchor des ministères dominicaux en brousse, spécialement à Boutoupa, Bindialoum, Soucouta et Niaguis. Nous avons également assuré la messe quotidienne chez les Frères du Sacré-Cœur (juvénat) et l’aumônerie. Nous avons aussi donné plusieurs récollections aux religieuses du diocèse et quelques retraites annuelles. 3- P. Gérard GOULETEn 1980, le P. Gérard Goulet quittait Ziguinchor pour assurer le service de l’aumônerie chez les Frères du Sacré-Cœur à leur maison de Nianing (noviciat et juvénat). De 1980 à 1985, année de son départ du Sénégal, le Père a donné de nombreuses récollections et retraites aux Frères et aux Grands Séminaristes de Sébikhotane. 4- RelationsNos relations avec l’Evêque de Ziguinchor ont toujours été cordiales. Quant aux raisons de notre départ de ce diocèse, il faut se référer à la correspondance entre Mgr Sagna, le Provincial et le Supérieur, correspondance qui se trouve à la Maison provinciale de la PAO. 5- ImplantationPour ce qui est de notre implantation à Ziguinchor, il faut en référer au Provincial du Canada-français. C’est lui qui en a le dossier. B – Tambacounda : Installation et constructionsC’est à la suite d’un discernement communautaire (option pour aller vers les plus démunis) et approbation du P. Provincial que nous nous sommes orientés vers Tambacounda, avec l’intention de fonder un centre socio-culturel et, pour répondre au désir du Préfet apostolique du lieu de prendre en charge une paroisse. Nous sommes arrivés à Tambacounda le 13 août 1983. Nous logeons à la Procure du diocèse, en attendant la construction de notre résidence au quartier Plateau. C’est en septembre 1984 que nous l’occuperons. Grâce à une aide substantielle de l’organisme canadien ‘‘Paix et développement’’, nous pouvons commencer la construction des bâtiments du Centre culturel. Le tout sera terminé en septembre 1986. Situé sur un terrain d’un hectare, le Centre est un ensemble composé d’une bibliothèque, de deux salles de lecture, de six cases rondes ouvertes, d’une grande salle pour les conférences et spectacles et du bâtiment des bureaux. Avec ses belles allées bordées de "Tévécia", son joli gazon et ses arbres, il constitue un cadre idéal pour les études et la recherche dans notre contexte tambacoundois. Le silence y est d’or. Son personnel est composé du directeur et de son adjoint, de deux bibliothécaires, de deux ouvriers chargés de l’entretien et d’un gardien. La
bibliothèque Ouverte le 1er novembre 1986, la bibliothèque accueille les abonnés sept jours sur sept de 8h à 12h, de 15h30 à 19h et de 20h30 à 23h (sauf la nuit, le samedi et dimanche). La population visée par l’œuvre de la bibliothèque est celle des élèves de la troisième à la terminale. La bibliothèque offre à cette population toutes sortes de livres indispensables à son épanouissement intellectuel et culturel. En dehors du travail à la bibliothèque, ceux des élèves qui en manifestent le désir peuvent se faire accompagner dans certaines matières. Une méthode de travail est également présentée à ceux qui en font la demande. En ce qui concerne les abonnés, ils étaient, en 1986-1987, 412 et le nombre de présences de travail atteignit 9422 durant l’année. Ce nombre a très vite évolué pour atteindre en 1994 le chiffre de 773 abonnés et plus de 25000 présences de travail. Ne sont admis à la bibliothèque que les élèves de terminale, première, seconde et troisième. Ces chiffres sont importants et signent la réponse à un besoin. Ainsi la bibliothèque qui, à l’origine, a été conçue pour accueillir une cinquantaine de personnes, s’est avérée très vite dépassée par le taux de fréquentation. Dès 1988, il a fallu ajouter deux salles de lecture, en 1989, trois cases rondes de 35 mètres de surface et en 1992 trois autres cases de même dimension. Avec cette structure, le Centre peut accueillir aisément plus de 200 personnes à la fois, leur offrant un lieu agréable de travail. Une baisse est cependant enregistrée depuis 1995. La raison de cette baisse est l’augmentation depuis cette année-là des heures de scolarité pour les élèves de Terminales. Ils ne peuvent être à deux endroits en même temps ! Le
fonds de la bibliothèque Au 31 décembre 2001, le fonds de la bibliothèque comptait 5730 livres. Ce fonds s’enrichit normalement de 250 livres par année. Notre objectif est d’atteindre 7500 livres. Ce fonds se diversifie comme suit : 10% d’ouvrages de références (encyclopédies, dictionnaires, etc.), 50% d’ouvrages de sciences humaines et 40% d’ouvrages de sciences pures. Le nombre d’abonnements à des périodiques est plutôt restreint. Nous sommes abonnés à 2 journaux locaux, à Jeune Afrique et à Peuples du Monde. Le fonds de la bibliothèque a été acquis par des dons provenant de Misereor-Missio (20%) d’une part et des Jésuites canadiens (80%) d’autre part. Le financement du fonctionnement est un don des mêmes Jésuites canadiens. Estimé en CFA après dévaluation ce fonds s’établit à plus de 22 millions. Les
activités socio-culturelles A côté de la bibliothèque, la plus grande activité du Centre, il y a les activités socio-culturelles. Elles consistent dans des conférences, théâtre, concerts, fondation de deux clubs, l’un littéraire, l’autre philosophique, exposition de dessins, concours de poésie. Pour organiser ces activités, nous avons une grande salle pouvant accueillir jusqu’à 500 personnes. Il faut ajouter que le Centre est le seul de Tambacounda, qui organise de manière systématique des activités socio-culturelles. En dehors de toutes ces activités, il y en a une autre non moins importante : la présence aux jeunes. En effet, le Centre assure une présence spéciale et personnalisée à certains jeunes en difficultés scolaires ou sociales. Une aide spirituelle est également offerte. Le Centre St-Pierre Claver constitue un grand apport au point de vue de l’encadrement humain et culturel de la jeunesse qui se sent suivie, encouragée aussi bien par l’atmosphère du Centre que par ceux qui y travaillent. Notre relation avec ces jeunes se fait dans un grand respect de ce qu’ils sont et de ce qu’ils apportent. Le Sénégal étant un pays à 95% musulman, l’œuvre du Centre est d’être le témoin d’une culture prônant les valeurs humaines et chrétiennes simplement par une présence confessionnelle bien affirmée. Autres
activités. Petits projets financés par les Oeuvres du Cardinal Léger et réalisés à partir du Centre : 1- Projet d’animation sanitaire qui a touché plus de 7000 élèves. 2- Projet de formation à la culture maraîchère. 3- Petits projets économiques pour aider un bon nombre de personnes à s’établir pour gagner leur vie. 4- Aide à la santé au Lycée. Terminons en rappelant la nomination du P. Gilles Garand comme directeur adjoint du Centre. Le Père s’est occupé d’alphabétisation. Il est arrivé à Tambacounda en 1989 et a quitté en juillet 1991 pour le noviciat de Bafoussam. L’église C’est à la demande de Mgr Clément Cailleau, préfet apostolique, que nous avons accepté la direction d’une paroisse à Tambacounda. La Paroisse Saint-Pierre Claver fut fondée en octobre 1983, par le P. Jean Bernard, remplaçant temporaire de Mgr Cailleau, victime d’un accident de la route. Mais dès juillet, avait commencé le service paroissial. La messe dominicale se célébrait à la maison de Michel Bangar, catéchiste. En octobre, le P. Yvan Carrier fut nommé officiellement curé. La nouvelle paroisse était implantée au quartier Plateau et devait desservir les trois quartiers Pont, Abattoirs et Plateau. A partir de sa fondation, la paroisse eut son siège au Foyer Saint-Paul. Le curé et son catéchiste y avaient leurs bureaux et la messe se célébrait sous un abri couvert de feuilles de rônier. Cette situation dura d’octobre 1983 jusqu’en décembre 1985, année où le Centre offrit sa salle de spectacle pour servir d’église à la paroisse, en attendant la construction d’une église proprement dite. Le siège de la paroisse se transporte alors au Centre, où s’installent les bureaux. L’accroissement régulier et rapide des élèves qui se sont prévalus des services du Centre rendit urgente la construction d’une église. Le site choisi pour l’église se trouve juste à côté du Centre. Les fondations de la nouvelle église ont été posées en mai 1993 et la bénédiction de l’église est célébrée par Mgr Jean-Noël Diouf, le 18 février 1995. C’est le P. Adrien Léonard qui a conçu et réalisé l’église, telle que nous la voyons maintenant. La paroisse compte en 2001 quelques 500 fidèles. C’est une paroisse de première évangélisation, composée de gens peu scolarisés, peu fortunés, pour ne pas dire plus, mais bien sympathiques. Au départ du P. Carrier, en 1987, le P. Chrysologue Allaire est nommé curé. Il quitte, en 1997, au grand regret de ses paroissiens. Il est remplacé par le P. Joël Rouméas, lequel quittera en juin 2000. En attendant la nomination d’un nouveau curé, le P. Léonard assure l’intérim. Autres ministères de 1983 à 2002. Le P. Allaire anime l’émission religieuse hebdomadaire à la radio de Tambacounda de 1983 à 1990. Le P. Léonard donne plusieurs récollections à différents auditoires, jeunes et moins jeunes, et plusieurs fois les Exercices (y compris de 30 jours) à des prêtres, religieux et religieuses. Ministère en brousse (à Sall) du P. Joseph Cavoret, expulsé du Tchad. Il a séjourné 5 ans à Tambacounda. Arrivé en 1988, il nous quitte en 1993 pour retourner au Tchad. Notons la venue du P. André Souk, comme vicaire à la paroisse. Il n’est resté que quelques mois. Malade, il a dû quitter. Enfin signalons, depuis 1994, la venue de ‘‘régents’’ qui ont contribué par leurs initiatives, leur jeunesse et leur sens apostolique à animer le Centre et la Paroisse. |