La vie à Canisius

La vie à Canisius a été marquée ces derniers temps par quatre événements principaux.

v Le 07 février, est arrivé le P. Aristide Dossou à Kimwenza, comme professeur de philosophie politique. 3 jours après, la coordination des scolastiques P.A.O a organisé une soirée pour lui dire « Karibuni » (bienvenu en kiswahili). C’est au cours de l’échange fraternel qui s’en est suivi, qu’Aristide nous a précisé sa mission, non seulement comme professeur, mais aussi comme « formateur des nôtres ». La soirée s’est terminée en lui souhaitant un franc succès dans ses activités, après qu’il nous eut donné quelques échos de la C.G vécue depuis sa communauté de la rue d’Assas à Paris.

v Pour ce qui est du déroulement de la C.G. 35, elle a été vécue dans le recueillement, la prière et la joie. Tous les scolastiques ont été invités à prier pour le bon déroulement des travaux. La communauté a introduit, avant l’Angélus de la prière commune du milieu du jour, la prière proposée par la Compagnie universelle pour le déroulement des travaux et l’élection du Préposé Général. Quand son nom fut connu, nous avons prié avec la prière adressée à Saint Ignace et à la Compagnie du ciel, prière proposée par le Père Kolvenbach, au moment de quitter la charge de Général. Dans le souci de sentir avec la Compagnie universelle, un cierge est resté allumé jour et nuit dans la chapelle de la communauté.

Les différents changements de responsables ont été un véritable soulagement pour l’attente des uns et des autres. Ce qui n’a pas manqué de créer une ambiance chaleureuse de partage et d’échange entre scolastiques d’une part et avec les formateurs d’autre part. Non seulement la nomination de Jean-Roger Ndombi comme Assistant, Eugène Goussikindey comme Provincial, mais aussi du Recteur de Canisius (Ntima Kanza), désormais appelé à assumer la charge de Provincial de la P.A .C. Cependant, les activités du groupe PAO n’ont pas manqué de se poursuivre. Ainsi nous avons assisté à des conférences organisées par la coordination.

v Le 15 décembre dernier, nous avons pris part à une première conférence sur l’identité jésuite en contexte africain. Elle était animée par le Père Ferdinand Muhighirwa, directeur du C.E.P.A.S. Le vendredi 7 mars c’était au tour de la Sœur Josée Ngalula, religieuse de Saint André, de nous entretenir sur le thème « Quelle évangélisation pour l’Afrique face à la prolifération des églises et des sectes ? »

Au sein du catholicisme comme au dehors, certains mouvements tendent à relativiser la place des sacrements, ou à les commercialiser à grand renfort d’exorcisme ou de délivrances. Un défi, a affirmé la Sœur Ngalula , au sein de l’Eglise ! Dans un autre sens, se situent les églises de réveil. Protestant contre un Pentecôtisme qui a fini par s’institutionnaliser, elles se veulent souvent promotrices d’une « théologie de la prospérité », où les bénédictions de Dieu doivent avoir pour conséquence une vie aisée. Par ailleurs, la Sœur Josée a signalé les églises africaines indépendantes, qui se veulent une protestation contre un christianisme trop occidentalisé. D’où leur souci d’aborder les questions de la polygamie, de la guérison ou encore de la sorcellerie.

La question soulevée par la présence de tous ces mouvements religieux concerne la relation à Dieu qui devient une transaction ; de même est méconnue la relation à la finitude humaine, lorsque la maladie, la souffrance, les échecs n’appartiennent pas à l’homme, mais ne sont que fruits de Satan ou des sorciers. Ce qui contredit à son sens l’Évangile de la croix professé par saint Paul ou de l’Incarnation qui  nous révèle que Dieu est aussi présent où il y a finitude. Il faut donc insister sur la gratuité de la relation à Dieu. En cela a-t-elle souligné, la spiritualité ignatienne (dont elle est héritière) a beaucoup à apporter par son souci d’un « culte intérieur ».

v La journée de découverte des œuvres de la Province tiendra lieu de « la journée Engelberg Mveng ». Elle sera une occasion offerte aux scolastiques de mieux connaître certaines structures qui pourraient accueillir quelques uns après les études de philosophie. Aussi, profitant de l’expérience de Richard ERPICUM au C.E.F.O.D, la coordination lui a proposé de bien vouloir assurer la présentation de cette structure ainsi que des autres  centres sociaux de notre province.

Yannick ESSENGUE AMOUGOU, sj.

 

 Journée des scolastiques de Canisius à la découverte de nos œuvres

            Les scolastiques de l’AOC à Canisius ont organisé, le vendredi 28 mars 2008, une journée de réflexion, « à la découverte de nos œuvres » pour toucher du doigt la réalité apostolique qui les attend dans cette grande province. Cette journée a eu lieu au Centre spirituel Manresa de Kimwenza. Elle a été animée par le Père Richard Erpicum, économe de Canisius et ancien directeur du CEFOD.

            Avec l’aide des nouvelles technologies et s’inspirant de la 35è Congrégation Générale, le Père Richard Erpicum nous a partagé son expérience du CEFOD et de l’apostolat social dans l’AOC à travers deux exposés – un dans la matinée et un autre l’après-midi –. Chaque exposé était suivi des carrefours et d’une mise en commun du fruit des discussions.

            Les carrefours nous ont permis de prendre conscience des grands défis qui nous attendent sur le terrain.  Il en est ressorti que la province présente de grands signes d’espoir, avec sa grande diversité en ressources humaines. Les jeunes en formation ont un grand souci pour la province et le désir d’y travailler. L’effort d’unité qui se fait sentir au sein d’une communauté comme celle de Canisius, donne à espérer qu’un jour, sur le champ apostolique, tous travailleront en harmonie.

            Cette journée a été également l’occasion pour le groupe PAO d’accueillir, de manière plus fraternelle, le Père Aristide Dossou, qui est arrivé à Kimwenza le 7 février 2008. Le repas de ce jour était donc offert en son honneur.

            A la fin des travaux, nous nous sommes retrouvés dans la chapelle du centre spirituel Manresa pour l’Eucharistie d’action de grâce, célébrée par Aristide. Un moment d’intense communion pour confier au Seigneur notre province et l’âme du Père Hebga. Célébrée avec sobriété, cette Eucharistie a été chantée en quelques langues des différents pays de la province. Une belle richesse dans la diversité ! Au moment de quitter le centre spirituel Manresa, on sentait chacun envahi par la conviction d’appartenir à une province et le désir d’y travailler pour la gloire de Dieu.

            Pour ma part, je dois avouer que c’est la première fois que j’entrais en contact plus ou moins direct avec certaines œuvres de la province. J’ai constaté que ma connaissance de la province avait augmenté et je me suis senti réellement, comme d’autres compagnons qui ont fait leur noviciat hors de la province, membre de la PAO.

Christopher NGOLELE, sj.

 

 

Résumé des conférences

Conférence de la matinée sur le CEFOD

Le premier exposé du Père Erpicum, portait sur le Centre d’Études et de Formation pour le Développement (CEFOD) de N’Djamena. Cette première intervention a été subdivisée en trois points principaux : l’origine du CEFOD, son organisation et sa mission dans la vie socio-politique du Tchad.

Pour éclairer l’essentiel de l’apostolat du CEFOD, le Père Erpicum s’est appuyé sur trois décrets de la 35ème Congrégation générale de la Compagnie de Jésus ; trois décrets qui, selon lui, nous touchent profondément et éclairent le thème choisi : l’identité jésuite, la collaboration avec les non-jésuites, l’envoi aux frontières.

La naissance du CEFOD

Avant de retracer l’historique de la naissance de ce grand lieu social, l’orateur du jour nous a donné un bref aperçu de la présence jésuite au Tchad. La Compagnie est à l’œuvre au Tchad. Même si le nombre va décroissant, les 37 jésuites présents supportent encore le poids du jour à travers des ministères divers tels que : les paroisses, le collège, les centres culturels, les exercices spirituels, les hôpitaux… 

Pour ce qui est de l’origine du CEFOD, le centre a été créé en 1967 à la demande du président François Tombalbaye par l’association CEFOD – une association créée par le père Langue avec le ministre Diguimbaye – pour la formation des cadres tchadiens. C’est le révérend Père Langue et le ministre Diguimbaye qui en furent les fondateurs. Le Père Langue en fut d’ailleurs le premier directeur. Il fallut attendre le 29 septembre 1967 pour que le centre soit reconnu légalement et le 30 octobre de la même année pour qu’il soit reconnu d’utilité publique. L’année passée, en la date du 12 avril 2007, une convention entre l’association CEFOD et la PAO a été conjointement signée pour la bonne marche de l’œuvre.

L’organisation

La structure organisationnelle du CEFOD est très simple : à sa tête un directeur général – toujours un jésuite d’après la convention –, qui est aidé par un conseil d’administration & une assemblée générale. L’équipe permanente est composée de 47 agents dont 26 cadres de tous les horizons. 

La mission du CEFOD

Le CEFOD est « un lieu d’études et de réflexion, de dialogue et de confrontation d’idées, de formation et d’information, ouvert à tous […] pour promouvoir l’évolution politique, économique, sociale et culturelle du pays vers une société pacifiée, démocratique, riche de ses différences, vers un Etat de droit… ». Cette mission se concrétise à travers la documentation (bibliothèque : 30.000 volumes de sciences humaines, économie, droit, sociologie, linguistique, etc. Fonds Tchad ; BTDJ (Banque Tchadienne de Données Juridiques) ; Revue Juridique Tchadienne ; réseau de 40 « petites bibliothèques » urbaines ou rurales) et les éditions et Médias. Chaque année, le CEFOD publie la revue Tchad & Culture (3.000 exemplaires), de nombreuses brochures et organise des conférences-débats et des tables rondes diffusées par la TV Tchad. Le CEFOD accomplit également sa mission évangélisatrice en formant les Tchadiens au management, aux finances et à l’arabe tchadien. En tout et pour tout, le CEFOD prône les nobles valeurs de créativité, de non violence, de gestion transparente et de bonne gouvernance.

 

Conférence de l’après-midi sur l’apostolat social dans la PAO

Deux questions ont accompagné cet exposé plus général, à savoir : le personnel jésuite et les activités menées.

            De manière rapide, le Père Erpicum a survolé le secteur de l’apostolat social dans l’AOC.

En Côte d’Ivoire, les jésuites travaillent au CERAP d’Abidjan : bibliothèque, éditions, formation, Inades-formation ;

Au Cameroun, les jésuites sont à la prison de Douala, à l’UCAC et auprès des enfants de la rue (Foyer de l’Espérance) à Yaoundé ;

Au Tchad, les jésuites sont au CEFOD, à l’hôpital de Goundi, à l’hôpital et à la faculté à Cabrini, dans les projets de développement à Mongo, dans le JRS à Abéché et à Sarh (hôpital et sida, BELACD) ;

Au Togo, les jésuites travaillent au centre Espérance Loyola de Lomé.

-         25 compagnons, à travers la province, travaillent dans le secteur social…

Cette mission atteint toutes les catégories : intellectuels, cadres, étudiants, les populations simples.

Cette « première journée à la découverte de nos œuvres» a été pour chacun d’entre nous l’occasion à la fois d’une prise de contact et d’une prise de conscience  des réalités de notre province. Les questions d’œuvres propres, œuvres personnelles ou œuvres confiées; les problèmes de financement de ces œuvres, de collaboration avec les non-jésuites ou de l’avenir après les expatriés… nous ont mis en face des défis qui seront les nôtres demain.

Cependant, toutes ces difficultés ne nous découragent pas car nous demeurons confiants que la PAO saura clarifier les situations ambiguës, prévoir l’avenir et former ses scolastiques en vue d’assurer la relève de ses œuvres apostoliques.

Les scolastiques de la PAO

Canisius - Kimwenza