ORDINATIONS DIACONALES

 

NAIROBI

Ordinations diaconales à Hekima College

Ils étaient dix, tous jésuites, ce samedi 2 février 2008, à recevoir l’Ordre du diaconat à la paroisse Maria Guadelupe à quelques pas de Hekima College. L’eucharistie, présidée par Mgr Rodrigo Mejia Saldariaga, S.J., fut vécue, malgré l’atmosphère assez triste du Kenya ces temps-ci, dans une ambiance d’exceptionnelle ferveur et d’entrain entretenu par l’animation musicale de la talentueuse et polyglotte chorale d’Hekima. Mgr Rodrigo, ancien professeur à Hekima et ancien provincial de l’Afrique de l’Est, nous est venu du pays de la Reine Candace - l’Ethiopie, vous l’aurez compris - où il assume les charges d’évêque titulaire de Vulturia et de vicaire apostolique de Soddo-Hosanna.

La deuxième lecture, choisie pour l’occasion, fut le passage des Actes des Apôtres (Ac 8) qui parle justement du baptême de l’eunuque éthiopien, serviteur de la Reine Candace , par le diacre Philippe ; celui-ci lui fut envoyé par l’Esprit du Seigneur pour lui faire découvrir à travers les Ecritures le Christ Sauveur du genre humain. Ce texte significatif pour la chrétienté éthiopienne, et africaine plus généralement, servit de base à Mgr Rodrigo pour son homélie sur le ministère, mieux, l’Ordre sacré de la diaconia. Au-delà de sa perception ordinaire comme dernière étape vers l’ordination sacerdotale, Mgr Rodrigo a rappelé que l’ordre du diaconat est un appel permanent au service de Dieu et de son peuple avec un amour oblatif et dans l’amitié du Christ, comme l’a enseigné le Christ lui-même après le lavement des pieds, dans le passage de Jn 13 qui nous fut proclamé.

Après la messe, l’assemblée, qui comptait plusieurs membres des familles et amis des ordinands, fut invitée à Hekima pour un snack, pris dans la sobriété du fait de l`atmosphère qui prévaut dans le pays. Le soir par contre, le repas plus abondant fut suivi d’une cérémonie de danses aux sonorités des pays respectifs des nouveaux diacres. Et là, une surprise hautement agréable nous a été servie par la maman de Mben Loïc, qui a esquissé d’inoubliables pas de danse, malgré son âge, avec une agilité et une souplesse impressionnantes.

La journée a été traversée par la prière de saint François d’Assise, distribuée par Hekima Lenten Prayer Campaign : « Seigneur, fais de moi un instrument de Paix ». N’est-ce pas la mission que le Seigneur confiait aux nouveaux diacres et à chacun d’entre nous, alors que le canon grondait du côté de N’Djamena : servir le Christ pauvre et humble sous l’étendard du Serviteur souffrant, avec un engagement pour la promotion de la paix et d’une foi qui fait justice. Puisse le Maître de la Mission achever en nous ce qu’il a commencé !

Mathieu BERE, sj.

 

 DOUALA

Ordination diaconale de Dabire Nestor

 « La vie commence vraiment lorsque l’homme choisit d’accepter Dieu dans sa vie. Dieu t’a choisi ; Dieu t’a choisi afin que tu deviennes vraiment fils de Dieu. Avant tout, laisse-toi guider par Dieu. Médite chaque jour la Parole de Dieu avant de la proclamer pour ensuite agir selon ce que tu as reçu. Tout diacre doit, par une étude approfondie, s’attacher aux Saintes Ecritures. Prie d’abord cette parole, accueille d’abord la Parole de Dieu avant de la proclamer ; en effet ce que tu dis doit t’engager ».

C’est en ces termes que Mgr Samuel Kleda, Évêque Coadjuteur de Douala, s’est adressé à Dabire Nestor à l’occasion de son ordination diaconale, le samedi 2 février 2008 en la fête de la Présentation de Jésus au Temple. Insistant sur la place centrale de la prière dans la vie d’un consacré, le prélat a dit : « Mon frère Nestor, médite la Parole de Dieu pour demeurer ferme dans la foi au Christ. N’aie pas peur de passer beaucoup de temps devant le Saint Sacrement. Comme Diacre, deviens le serviteur de tous. Regarde autour de toi et le Seigneur ton Dieu t’indiquera celui qui a besoin de toi. Cherche à mener une vie simple. Apprends à te contenter de ce qui est nécessaire pour la mission que te confie l’Eglise. Cherche chaque jour ce qui fait la joie du prêtre : aime le travail ; le prêtre, c’est l’homme qui travaille. Aime la Vierge Marie parce que notre Mère nous apprend à faire la volonté de son Fils ».

Ce sont les paroissiens de Notre Dame de l’Annonciation de Bonamoussadi qui furent témoins et participants de cette cérémonie. En effet, non seulement leur paroisse était chargée pour la toute première fois de son histoire d’accueillir en son sein et d’organiser une ordination diaconale, mais, en outre, elle a eu l’insigne honneur de recevoir - pour sa toute première sortie officielle - l’Evêque Coadjuteur de Douala.

La veille au soir, le Père Spirituel du Collège Libermann, Bernard Hounnougbo, avait présidé la prière d’adoration au Saint Sacrement. Nombreux étaient les paroissiens présents à cette belle célébration. Les fidèles avaient été préparés par le vicaire, le Père Ignatius Musi Fominyen sj.

Le jour de l’ordination, la joie se lisait sur tous les visages ; elle a atteint son paroxysme une fois le rite essentiel de l’ordination achevé. Béni soit Dieu qui fait des miracles : en seulement quatre mois de présence à la paroisse, Nestor a été entièrement adopté par les paroissiens. En témoigne le grand soin accordé à l’organisation de la cérémonie, la fusion de toutes les chorales, l’envoi des billets d’invitations, le bon repas de fête, la communion entre l’ordonné et les chrétiens. Comme il est admirable de voir les chrétiens se réjouir de la consécration totale d’un de leurs enfants à son Créateur et Seigneur ! Qu’elle était impressionnante et joyeuse, la foule de témoins qui a participé, chanté, dansé, donné, bref offert le meilleur de ce qu’elle est et possède à Dieu !

Emmanuel BAMELE, sj.

 

MADRID

 « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert »

 

C’est ce verset de Luc (Lc 22, 27) que les huit compagnons ordonnés diacres le 15 mars 2008 ont choisi pour leur ordination diaconale… Comme le témoin du coureur, cette phrase que le Seigneur dit à ses disciples (pour répondre à leur question : « Qui est le plus grand ? ») a servi de ligne directrice tout au long de cette troisième année de théologie.

A l’exemple des premiers compagnons, les huit candidats au diaconat viennent de différentes parties du monde (un de Belgique Septentrionale, un du Chili-, un du Congo-Brazzaville, trois d’Espagne, un de Grande-Bretagne, un d’Italie).

Premiers diacres ordonnés en Espagne durant ces premiers mois du généralat du P. Adolfo Nicolás, ils devront relever les défis chers à notre Préposé Général (le service des pauvres, entre autres).

Après la préparation lointaine à l’Ordre du diaconat (formation antérieure et à l’Université Pontificale de Comillas-Madrid, la période Arrupe), les derniers moments se résument ainsi : le triduum pour les ordinands, l’adoration de la vigile et la célébration elle-même.

Du samedi 8 au mardi 11 mars, les huit compagnons ont participé à un triduum pour les dernières mises au point mais surtout pour remercier le Seigneur du chemin fait en sa Compagnie. Le Père Antolin de la Muñoza , supérieur de Alcala, le leur a prêché. Au sortir de ce triduum, les huit compagnons ont rejoint les « auditoires » les jours suivants pour les cours que l’on n’avait pas pour autant arrêtés. De fait, les autres compagnons et autres étudiants déjà diacres, les laïcs et les religieuses continuaient à suivre les cours.

L’arrivée de nos hôtes  Dans les communautés, on sentait déjà l’approche d’un grand événement : achats des étoles et autres ornements liturgiques, accueils des invités et compagnons qui venaient des autres villes espagnoles, d’autres pays européens (provincial d’Italie, autres compagnons et parents venus d’Italie, parents et compagnons venus de la Grande-Bretagne , de la Belgique ) ou de l’Amérique Latine. Parmi les parents et amis de Hermann venus de France, on notait la présence d’un Français, le Père Bernard Le Franc ancien père spirituel au moyen séminaire Saint Gabriel de Dolisie. Ses parents et amis, vivant en France et en Espagne étaient également arrivés. Certains ont été logés dans sa communauté.

Pour notre Province, mentionnons les compagnons de Paris (Brice Bado, Elphège Quenum, William Tcheumtchoua) et de Rome (Aurélien Folifack, Joseph Samedi, Saturnin Bitemo). Ce soir-là, nous échangeâmes quelques vieux souvenirs entre compagnons de la PAO. Nous étions en une sorte de mini-réunion inter-PAO…

Le vendredi 14 mars à 20 heures, veille de l’ordination, compagnons, amis et parents des ordinands, nous les avons accompagnés pendant l’adoration qui a été organisée comme à l’accoutumée dans la chapelle d’un des collèges de la Compagnie. Cette veillée de prière pour les futurs diacres est traditionnellement organisée par les théologiens de deuxième année. Des prières universelles ont été dites en anglais britannique, en espagnol chilien, en castillan, en français, en flamand et en italien par les parents ou amis des futurs diacres.

La célébration du samedi 15 mars : une grande fête religieuse

Tous les témoignages des compagnons, amis et parents furent unanimes : la célébration fut excellente. Ce samedi 15 mars, à 18 heures l’eucharistie débuta, présidée par son excellence Mgr Cesar Augusto Franco Martinez, l’un des trois évêques auxiliaires de l’archidiocèse de Madrid. Une soixantaine de prêtres concélébraient parmi lesquels le provincial des provinces d’Espagne (Père Elias Royon), le provincial de Castille (Joaquin Barrero Diaz, en partance comme futur assistant d’Europe Méridionale), les provinciaux d’Italie et du Chili, autres compagnons et divers prêtres professeurs à l’Université Comillas… Les compagnons Aurélien, Saturnin, Joseph et William ont concélébré.

La paroisse jésuite San Francisco Javier y San Luis de Gonzaga qui accueille habituellement ces ordinations diaconales (telle celle de Rodrigue Takoudjou et Musi Ignatius il y a trois années) est située à 3 minutes de la sortie du métro Plazza de Castilla. Les amis et parents des ordinands ont pu donc y arriver sans problème.

L’eucharistie a suivi son cours, animée par une chorale dirigée par des compagnons musiciens et quelques membres d’une chorale universitaire. Il y eut des chants en anglais, espagnol, français, italien. Une cousine de Hermann, venue de Paris, fit la lecture en français. L’homélie d’une dizaine de minutes que prononça Mgr Cesar mit l’accent sur le service, en soulignant le service que la Compagnie rend à l’humanité.

La cérémonie se termina par une série de remerciements des diacres, de la paroisse mais aussi par celui de l’évêque qui trouvait en cette occasion le lieu d’encourager les jeunes à suivre l’exemple de ces nouveaux diacres et surtout de continuer la mission de la Compagnie dans le monde.

Après le culte divin tous les fidèles étaient invités à prendre un pot et grignoter quelques produits de la pâtisserie espagnole. La grande cour du collège Piquer, propriété d’une banque madrilène et confiée à la Compagnie , nous servit de local pour ce petit repas

Après cette journée si pleine de souvenirs et de témoignages de foi, le dimanche qui suivit, celui des Rameaux, fut célébré de manières variées selon les dispositions de billets de retour des compagnons. Comme un repas d’adieu, la communauté de Hermann (sise à la Rue Monforte de Lemos) offrit un banquet auquel participèrent tous ses parents, amis et compagnons présents à Madrid. Une trentaine de personnes pour manger l’agneau pascal espagnol que ses compagnons de communauté ont tenu à préparer eux-mêmes en signe de leur amitié et compagnonnage.

Pour nous, scolastiques de la PAO , l’occasion de l’ordination de Hermann nous a servi de motif d’action de grâce et de raison de nous retrouver après de longues années. Dès l’arrivée des compagnons de Paris ou de Rome, nous (résidents à Madrid) sentions une proximité de la province par les dires, les souvenirs, les projets futurs et autres commentaires que nous échangions, tels de jeunes compagnons soutenant leur ami dans le Seigneur qui était ordonné diacre après 14 ans de vie dans la Compagnie. C ´était simple, la joie de nous retrouver, d’être ensemble, et de sentir la joie de compagnons nouveaux prêtres (Aurélien, Samedi, Saturnin et William). La PAO se vivait en nous et nous respirions un air de communion d’idéal.

Que le Seigneur daigne appeler davantage de diacres et prêtres dans notre PAO pour la plus grande gloire de son Nom. Que Hermann, premier diacre de notre province après la 35ème CG, soit présenté au Seigneur comme le fruit d’une longue formation et d’une espérance pour une Afrique digne missionnaire pour elle-même.

Narcisse TAKONG TAMDJO, sj et Camille MANYENAN NODJITA, sj.

 

PARIS

 Ordination diaconale de Brice Bado et d’Elphège Quenum à Paris

 Samedi 12 avril 2008, il est 14h30 lorsque l’Eglise Saint Ignace commence à se remplir d’amis, compagnons, connaissances, familles des neuf compagnons qui seront ordonnés diacres et de celui qui sera ordonné prêtre. Il est 15h lorsque la procession commence, une procession d’une centaine de prêtres. En tête, ceux que Dieu appelle à faire un pas décisif à sa suite. Leur visage laisse transparaître toute la portée du don qu’ils vont faire d’eux-mêmes à Dieu et au service de son Eglise, dans la Compagnie de son Fils. Dans son mot d’accueil adressé à l’assemblée et à Monseigneur Antoine Audo s.j., évêque des Chaldéens de Syrie à Alep, le P. François Xavier Dumortier, provincial de France souligne l’internationalité de la cérémonie. Cette internationalité est confirmée lorsque le vice provincial de France, Henri Aubert, présente les candidats aux ordinations à Mgr Audo. Nous découvrons alors la diversité des hommes qui seront ordonnés diacres et prêtre (de sept nationalités différentes), signe de l’universalité de la Compagnie. En écho aux lectures choisies pour cette ordination (Is 61-3a; Jn 15, 9-17), l’évêque, après avoir dit sa joie d’ordonner des compagnons, témoigne de l’amitié de la province de France et de l’Eglise de France à l’égard de celle du Proche Orient, à travers les conflits que traverse cette région et les persécutions que subissent les chrétiens. Il souligne que les hommes qu’il va ordonner sont des hommes dont la liberté a embrassé généreusement la liberté du Christ, des hommes qui ont cherché la face de Dieu, qui ont cheminé avec beaucoup de gens, étudié, travaillé, en communion avec d’autres, pour être capables de dire une parole personnelle. Cela devra se traduire par l’enseignement de la foi chrétienne en paroles et en actes, comme collaborateurs de la mission du Christ au service de l’Eglise universelle. Il les a aussi invités à suivre les traces de Jésus en ayant comme modèles vivants les Pères Kolvenbach et Adolfo Nicolás, des hommes simples, ayant  une grande ouverture d’esprit.

C’est dans ce climat spirituel, que nos deux amis dans le Seigneur, Brice Bado et Elphège Quenum, ont été ordonnés diacres de la Compagnie de Jésus après trois années de théologie au Centre Sèvres, faculté jésuite de Paris.

Lorsqu’on demande à Brice de nous dire ses sentiments sur son ordination diaconale, il dit qu’il a ressenti davantage l’appel à servir l’Eglise et les chrétiens qui lui seront confiés. Elphège, quant à lui, dit ceci : « J’ai été envahi par un sentiment de joie et de paix. La joie de répondre à l'appel du Seigneur et de le servir à travers le service des hommes et de l'Eglise. La paix d'expérimenter une fois encore l'action de Dieu dans ma vie. Ces sentiments m'ont situé dans une attitude de confiance et d'action de grâce au Seigneur qui m'accorde sa grâce malgré mes limites. La cérémonie a été simple et priante. Le fait d'être ordonné par un évêque syrien à Paris m'a fait davantage prendre conscience de mon appartenance à l'Eglise universelle et à la Compagnie internationale. » Que le Seigneur continue son action en eux pour qu’ils le servent au mieux dans sa vigne.

Comment terminer sans mentionner la forte délégation de notre province, des compagnons étudiant en Espagne et en Italie avec à leur tête l’Assistant d’Afrique, Jean Ilboudo. a la fin de la célébration, un pot de l’amitié a été offert au centre Sèvres et la fête s’est poursuivie dans les différentes communautés où habitent les compagnons.

William TCHEUMTCHOUA NZALI, sj.