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La Province
Superficie :
245.857 km² Population :
7,4 millions d’habitants Principales villes : Conakry, Kankan Principales religions : Islam, catholicisme Nombre de chrétiens catholiques : 126.130 Nombre de diocèses : 3
Arrivée des premiers jésuites : 2002 -
Action sociale : JRS, travail avec les déplacés
mateo.aguirre@jrs.net
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Le JRS en Afrique de l’OuestUn
peu d'histoire
La
présence du JRS en Afrique de l’Ouest ne date pas
d’aujourd’hui. Il est arrivé au Liberia en 1992, pour
accompagner les Déplacés internes dans le Diocèse da Gbarnga et
les suivre dans leur exode d’abord vers la Guinée Forestière
voisine et ensuite en Côte d’Ivoire, plus précisément à Danane,
où les Libériens sont restés jusqu’en 1997. Ce premier projet,
dont la Directrice était la Sœur Miriam O’Brien, a servi les réfugiés
libériens de mille manières avec des activités allant de l’éducation
et l’animation culturelle, jusqu’à la protection et l’aide
alimentaire ; il était dirigé directement par le Bureau
International, avec le support logistique des Jésuites de l’INADES
d’Abidjan. Le programme a été clôturé en février 2002 et l’équipe
du JRS est devenue une ONG libérienne, le DEN-L, orientée
actuellement vers l’éducation à la paix et la réconciliation. Malheureusement,
la paix apparente créée par la victoire de C. Taylor et son élection
présidentielle n’a pas fait long feu et la sous région est restée
plongée dans l’instabilité et la guerre. Les relations entre le
Liberia et ses voisins ont empiré progressivement. Le passage de
l’année 2000 à 2001 a été marquée par des attaques multiples
au niveau des frontières entre le Liberia et la République de Guinée,
des combats qui ont détruit des villages et des villes importantes,
notamment Guéckédou et provoqué le déplacement de dizaines de
milliers de personnes qui ont dû abandonner leurs villages et leurs
propriétés pour sauvegarder leur vie. Création
d'une nouvelle région du JRS en Guinée
C’est
dans ce contexte que le Bureau International, conscient de la
complexité de la situation dans cette région du Continent et prévoyant
avec beaucoup de lucidité une dérive de la situation vers des
conflits plus importants, a décidé de retourner en Afrique de
l’Ouest. En accord avec le R.P. Provincial de la PAO, le P. Jean
Roger Ndombi, le R.P. Lluis Magriña, ancien membre de cette
Province et actuel Directeur International du JRS a décidé de créer
une nouvelle Région du JRS qui devrait avoir son siège, à la
demande du R.P. Provincial, en Guinée. Une première visite d’évaluation
eut lieu pendant le mois d’août 2001. Le P. Mateo Aguirre, ancien
Directeur Régional du JRS dans les Grands Lacs, se rendit en Guinée,
dans les zones touchées par la guerre. Il était accompagné par
Pierre Loua et Aimé Raphaël Haba. Après avoir pris contact avec
les responsables de l’Eglise de Guinée et avec l’accord des Evêques
des Diocèse de Conakry, N’Zérékoré et Kankan, ils se sont
rendus dans les zones les plus touchées par les combats, Macenta et
Guéckédou. Le spectacle des lieux visités a été une
interpellation pour le petit groupe : des villages détruits,
leurs habitants cachés en grand partie dans la forêt, vivant dans
des conditions infra humaines. Et ce qui était plus étonnant,
c'est qu’aucune instance humanitaire ne semblait être au courant
d'une telle situation. Les villages étaient vraiment abandonnés et
la désolation était présente partout, dans les maisons détruites
mais plus particulièrement dans les cœurs et les visages des
personnes rencontrées. Après
avoir partagé avec les Evêques sur cette situation, et à la
demande officielle de Mgr. Robert Sarah, alors Président de la Conférence
Episcopale de Guinée, le Bureau International demanda au P. Mateo
Aguirre d’étudier les possibilités d’un engagement en Guinée
et de discerner la convenance de la création d’une nouvelle région
du JRS en Afrique de l’Ouest pour répondre aux attentes de
l’Eglise de Guinée et se rendre disponible pour d'éventuelles
crises dans la sous région. Une première équipe fût créée.
Elle était animée par le P. Mateo nommé par le R.P. Général
comme Directeur Régional et composée de Mr. Gonzalo Sánchez-Terán,
un laïc espagnol et par deux sœurs guinéennes des Servantes de
Marie Vierge et Mère, qui est la Congrégation du Diocèse de N’Zérékoré.
Notre
projet en trois volets
Un
projet de réinstallation des personnes déplacées fut conçu
ensemble avec les bénéficiaires. Il comportait trois volets
qu’on devait réaliser dans un délai de trois ans. Dans
un premier temps,
il fallait faciliter le retour des déplacés et soulager leurs
difficultés alimentaires. En fait les destructions occasionnées
par la guerre ne se limitaient pas au domaine de l’habitat ;
les greniers avaient été pillés et les champs brûlés et détruits. Dans
un deuxième temps,
il fallait soutenir les efforts de reconstruction des maisons et
finalement concevoir certains mini projets qui puissent contribuer
à la relance économique des zones les plus éprouvées. La
petite équipe s’installa, dans des conditions bien simples, dans
la mission de Kolouma, entre Macenta et Guéckédou et se mit à
rayonner dans les villages et la ville de Guéckédou. C’est ainsi
que 157 sacs de riz, et 15.000 litres d’huile de palme
furent distribués pour un ensemble de 15.000 personnes.
Actuellement la deuxième phase touche à sa fin avec la
reconstruction de 600 maisons et le JRS Guinée se prépare à
entamer le troisième volet du projet avec la création de
banques de céréales, la création de foyers sociaux pour
l’animation féminine, etc. Une année après, le P. Provincial
rendit visite au petit groupe et il amena avec lui le P. Damien
Coulibaly de la PAO qui ensemble avec le P. Mateo et le P. Helmut
Schmitt, un SJ allemand, allaient former la première communauté de
la Compagnie en Guinée. Elargissement
des perspectives
L’arrivée
de ces nouvelles recrues permit au JRS d’élargir sa capacité de
réponse. En effet, le Liberia commençait à vivre un nouveau
calvaire et des milliers de réfugiés commençaient à traverser
les frontières de la Côte d’Ivoire et de la Guinée. En plus,
deux jours après l’arrivée du P. Provincial et de Damien, la Côte
d’Ivoire connut le début de la crise qui la terrasse encore
aujourd’hui. Ces nouveaux foyers de violence allaient lancer de
nouveaux défis au JRS. Une nouvelle équipe vit le jour pour répondre
à la demande du HCR qui sollicita notre présence dans le camp de
Lainé, près de N’Zérékoré, où elle devait assumer
l’animation des services communautaires (animation culturelle,
ateliers occupationnels, formation professionnelle des jeunes et des
femmes…) en faveur des réfugiés libériens. Tous
ces problèmes rencontrés en Guinée n’ont pas empêché le
bureau régional de rester sensible à l’évolution de la
situation dans les pays voisins. Les événements en Côte
d’Ivoire et au Liberia ont été, et le sont encore, une source
importante de défis. De nouveaux
voyages d’évaluation on été réalisés au Liberia et en
Côte d’Ivoire, là avec l’aide d’un ancien membre de la
Province le P. Josep Sugrañes, ici guidés par la main de
l’Association des Religieuses de la Côte d’Ivoire. De nouvelles
rencontres avec les Eglises locales, de nouvelles demandes des Evêques,
de nouveaux projets, de nouvelles équipes… Aujourd'hui Les
confrères du Cerap-Inades d’Abidjan, qui ont été et sont un
appui ferme pour la réalisation de toutes ces « oeuvres »
et des témoins bienveillants de beaucoup de va-et-vient (qu’ils
en soient remerciés) ont vu ces dernières semaines passer des jésuites,
des prêtres, des laïcs, des religieuses…, des personnes qui
s’engagent dans les nouveaux projets du JRS au Liberia et en CI et
qui viennent renforcer la présence du JRS en Guinée. Trois
nouveaux jésuites viennent d’arriver, qui feront partie de la
communauté de Kolouma, même s’ils auront à travailler « dans
la diaspora », au Liberia. Le P. Bill Mulligan, Américain,
travaillera dans un projet pédagogique à Salala, dans le comté de
Bong, tandis que le P. Amalraj, Indien, ancien Directeur Régional
du JRS en Inde, sera le premier Directeur National du Liberia, et
sera basé à Monrovia, où il animera aussi les projets de
Monserrado et Bomi Hills, des projets d’éducation, d’animation
des jeunes et de réinstallation. Wilfried Mabonzo, Congomais qui
vient consolider la communauté de Kolouma, remplacera Damien
Coulibaly dans l’équipe de Lainé où il s’occupe pour le
moment de la construction des écoles, et qui, une fois qu’il les
aura terminées, assumera l’animation culturelle du camp et des
jeunes réfugiés D’un
autre côté, le JRS s’est engagé en Côte d’Ivoire dans les
zones et dans les secteurs les plus touchés par la guerre. Les équipes,
toutes formées d’Ivoiriens et d’Ivoiriennes, sont à l’œuvre,
deux dans la ville de Man où elles prennent en charge une clinique
mobile et un service nutritionnel pour des personnes vulnérables. A
Bouaké nous aurons aussi deux équipes, l’une en charge d’une
autre clinique mobile et l’autre qui assumera le fonctionnement
d’un projet « Sida ». A Abidjan, en plus du Bureau
National, dont le siège se trouve au rez-de-chaussée du CELES,
dans la parcelle de la communauté d’Abidjan, nous aurons une
petite équipe qui prendra en charge un projet de soutien scolaire
en faveur des enfants déplacés. P.
Mateo Aguirre, S.J. |