Collège Libermann

Collège Libermann

 

in NPAO n° 209 du 16/01/2007 Numéro Spécial Congrégation Provinciale

Rapport de la commission sur le Collège Libermann (1er janvier 2007, 15h30)

Président de la commission : P. Damien Kono. Secrétaire : P. Eric de Rosny.

Membres : PP. Saturnin Tsayem, Pierre Maurel, Aurélien Folifack, Augustin Some, Alain Renard…

 

Objet du débat : le contrat liant la Compagnie au diocèse, propriétaire du collège,  est mis en question de part et d’autre. Qui va prendre l’initiative de le dénoncer ? Ne faut-il pas construire déjà un nouveau collège à Douala pour le cas où nous devrions quitter Libermann ?

Etat de la question

Le P. Provincial a écrit au P. Général, le 5 mai 2006, pour lui demander l’autorisation d’acheter un terrain de 7 hectares à Ngodi-Bakoko dans la banlieue est de Douala en vue de construire un collège pour le cas où nous devrions quitter Libermann qui appartient au diocèse. Selon les termes de la lettre : « Le désir de nous faire partir est de moins en moins voilé ! »

Résumé de la réponse du P. Général, lue à la Congrégation provinciale : Oui, pour l’achat du terrain. Mais il demande une étude de faisabilité’ avant d’envisager un autre collège. Et ne faudrait-il pas le construire ailleurs ? Il demande que cette question soit examinée à la C.P. et qu’on lui fasse part du résultat des échanges.

Commentaires de la commission

Selon le P. Damien Kono, recteur du collège, le cardinal Tumi envisage de proposer à la Compagnie un nouveau contrat dont il ne connaît pas encore le contenu.

La commission émet l’hypothèse que le cardinal demandera que l’argent de la scolarité soit remis à la Procure du diocèse qui servira de banque, comme l’archevêque de Yaoundé vient de l’imposer aux collèges catholiques de son diocèse qui ont accepté, non sans hésitations. La commission estime qu’il faudrait refuser la proposition pour garder au collège sa liberté. Elle se fonde sur le n°326 des Constitutions (IVè partie, ch. 2) qui dit : « La Compagnie prendra possession des collèges, avec les biens temporels qui lui reviennent... (Les Recteurs) auront soin de conserver et d’administrer les biens temporels des collèges. »

Le P. Recteur et le P. Préfet des études, Saturnin Tsayem, font alors part de la précarité actuelle de la situation du collège. Ils ont le sentiment que les constructions envisagées par des entrepreneurs autour du collège avec l’accord du Cardinal vont provoquer la disparition de la chapelle et un bouleversement des structures du sport, ce qui serait dommageable pour les élèves. D’ailleurs, les travaux en cours gênent considérablement les classes.

Ce qui déplaît et inquiète le plus les autorités du collège, c’est l’ignorance dans laquelle les autorités du diocèse les laissent, ainsi que le P. Provincial qui devrait être le premier informé.

La commission propose qu’un rapport soit envoyé au P. Général par le P. Provincial avec ampliation au Cardinal, dans un premier temps, pour le mettre au courant de la situation réelle dans laquelle se trouve le collège.

Question de la commission : ne faudrait-il pas prendre les devants et proposer au Cal cardinal un nouveau contrat où les limites territoriales du collège soient clairement déterminées et la liberté de gestion rappelée ?

Le P. Saturnin Tsayem a ajouté à ce rapport lu en Assemblée provinciale que l’IST, intéressé par ce projet, est en train d’acquérir un terrain connexe pour construire.

 

in NPAO n° 207 du 30/09/2006

LE COLLEGE LIBERMANN œuvre confiée à la Compagnie

Le Collège Libermann, où nous oeuvrons actuellement, a été fondé en 1952 par les pères spiritains d’où le nom de Libermann (le fondateur des religieux spiritains).Nous devons nous rappeler qu’en cette période avant l’indépendance du Cameroun, l’Eglise Catholique avait décidé de développer l’enseignement secondaire ouvert à tous. C’est ainsi que Monseigneur Pierre Bonneau, alors premier évêque de Douala, décida d’ouvrir un collège secondaire à côté de la Cathédrale et il le confia d’abord à ces confrères pour le diriger. Mais après quelques années d’expérience, l’évêque s’adressa aux pères jésuites de la Province de France pour prendre en main la direction de cet établissement. Ceci renvoie aux origines de l’investissement de la Compagnie dans l’apostolat de l’éducation. En effet, c’est en 1547 que les jésuites fondent leur premier collège dans la ville de Messine (Italie) puisqu’ils ont senti le besoin de bien former leurs jeunes compagnons, mais en même temps ils se posaient la question de savoir pourquoi ils n’y admettraient pas aussi des jeunes qui n’étaient pas jésuites.

C’était effectivement en juillet 1957 que la première équipe de six jésuites débarquait à Douala au Collège Libermann. Les premiers compagnons désignés pour former l’équipe des éducateurs avec d’autres religieux se rappelleront toujours que l’attente était forte, tant la réputation de l’éducation proposée par les jésuites demeurait grande. Ils avaient des appréhensions légitimes et se posaient la question de savoir s’ils seraient à la hauteur des attentes. La suite montrera que ces appréhensions n’avaient pas raison d’être, puisque les résultats ont été toujours très bons. A cette époque, les perspectives du collège Libermann dirigé par les jésuites étaient d’inculquer un humanisme chrétien basé sur la pédagogie ignatienne à des jeunes qui se préparaient à prendre en main les destinées de leur pays à l’aube de son indépendance.

Depuis 1957, Libermann a toujours fonctionné comme un collège jésuite en respectant la convention signée avec le fondateur et en suivant les programmes proposés par le ministère de tutelle. Nous disons un collège jésuite, parce qu’on y trouve tant les caractéristiques de l’éducation jésuite qui y sont normalement appliquées que la structure de la communauté éducative jésuite, composée des élèves et de leurs parents, des enseignants et des cadres administratifs, d’une communauté jésuite, des anciens élèves et des bienfaiteurs.

Le Collège Libermann a été fondé par l’Eglise Catholique de Douala en Octobre 1952 et reconnu par l’arrêté N° 39MEN/ESD – 18 août 1964. Et voici quelques données numériques qui témoignent du développement continu de cette institution :

 

 

Dates d’ouverture

des classes

Nombre total

des élèves

1952

6èmes

20

1953

5èmes

 

1954

4èmes

 

1955

3èmes

186

1956

2des

215

1957

 

217

1958

1ères

268

1959

Term. Philo- Math.

292

1960

 

338

1961

 

366

1962

 

406

1963

 

438

1964

 

453

1965

 

460

 

Pour l’année scolaire qui vient de finir, Libermann comptait 1712 élèves inscrits avec 88 enseignants. Ce nombre important d’élèves peut effectivement faire frémir quand on sait que le nombre des jésuites, lui n’a pas augmenté par rapport à la toute première équipe de 1957. Cependant une lueur d’espoir se pointe à l’horizon : c’est que la relève des compagnons africains prend forme petit à petit et pour preuve, depuis quatre ans, la communauté jésuite est entièrement africaine et surtout elle essaye de maintenir le cap par le témoignage de l’excellence. Les résultats scolaires sont très révélateurs ; car chaque année, lorsqu’on fait le classement des résultats aux examens officiels, Libermann est parmi les premiers établissements au niveau national. En plus, comme le niveau éducatif est généralement en baisse, nous remarquons que les institutions d’enseignement supérieur qui accueillent nos élèves au sortir du Collège, sont satisfaites de leur bon niveau.

Par ailleurs, le Collège Libermann maintient et développe toujours l’aide pastorale pour un meilleur développement spirituel qui est aussi l’une des caractéristiques importantes de notre éducation jésuite. Concrètement le département spirituel, dirigé par un père spirituel, aide à compléter la formation intellectuelle donnée aux élèves en structurant la formation humaine et religieuse par deux cours qui sont aussi évalués comme toutes les autres matières. A côté, de la catéchèse qui prépare aux sacrements d’initiation, l’aumônerie développe les mouvements, les groupes et les clubs de jeunes qui les aident dans leur apprentissage à la relation avec les autres, à la discipline et à l’organisation. Des récollections par niveau sont aussi organisées chaque trimestre. Les compagnons travaillant au collège sont à la disposition des élèves comme pères spirituels.

Dans le souci de donner une éducation adaptée à nos élèves, nous avons intégré l’enseignement de l’informatique à tous les niveaux du collège. Autorité

Le succès de notre éducation n’est plus à prouver. Les résultats sont là. Les parents continuent à nous faire confiance, en témoigne leur affluence lors des inscriptions chaque année. Cependant, le doute existe dans la relation entre le Responsable dernier de l’établissement et la Compagnie. Le climat de vérité et de confiance qui devrait constituer un enrichissement pour les élèves, les familles et l’ensemble de l’établissement, commence à faire défaut; pour preuve une nouvelle convention serait en cours. Ce qui veut dire en clair que l’ancienne convention est en train d’être dénoncée par l’une des deux parties.

Comme beaucoup de villes africaines qui ne cessent de s’agrandir, Douala où nous sommes implantés, connaît le même phénomène d’extension. La population ne fait qu’augmenter et les infrastructures scolaires fiables ne suivent pas. Il y a un besoin urgent de faire quelque chose dans ce domaine éducatif surtout là où de nouveaux quartiers se créent dans les périphéries, car c’est souvent des populations défavorisées qui s’y installent d’abord et ce sont elles qui ont le plus besoin de nous si nous voulons rester fidèles à une des caractéristiques de la manière de procéder d’Ignace dès la fondation de la Compagnie. « C’était pour lui une manière de garantir notre intégrité apostolique ; les gens nous écoutent quand nous pouvons leur montrer que nous ne tirons aucun avantage personnel de nos sollicitations auprès d’eux.. » In La politique ignatienne de gratuité en éducation, p.51 JESUITES 2006.

A mon humble avis, il est temps de creuser la réflexion sur la possibilité de créer un nouveau collège proprement jésuite à Douala, car c’est une entreprise apostolique qui convient à notre charisme d’autant plus que le besoin se fait âprement sentir.

Père Damien Kono, S.J., Recteur.

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