(29 octobre 1931-29 octobre 2001)
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A 87 ans, il ne songe pas à abandonner. Au contraire, il s’impose de prime abord par sa vitalité. Rarement au repos, de très bonne heure il est déjà debout et allume les lampions de sa chambre, signe qu’il fait jour, oh les gars au boulot ! Il rend visite au Saint Sacrement ensuite le nez dans le bréviaire. Le jour le père consacre son temps à la lecture et prépare ses homélies, il va chercher le courrier à la procure et prend connaissance des nouvelles à la radio et le soir à la télévision. Une ponctualité qui tient de la discipline. A table il mange et parle en même temps avec passion sur presque tous les sujets. Avec une telle ardeur qu'il étonne plus d’un. En ce dimanche ensoleillé du 28 octobre 2001, Arrupe était en fête, le Père André Martin célèbre ses 70 ans de vie religieuse. La cérémonie a débuté par une célébration eucharistique en la Cathédrale de N’Djaména, occasion de rendre grâce à Dieu pour sa fidélité à l’endroit des hommes. C’est le Seigneur qui appelle l’homme et l’associe à son service et c’est encore lui qui accorde grâce et force pour que l’homme accomplisse cette noble mission : «annoncer l’évangile à tous les hommes.» Dans l’après midi il y eut une réception à Pedro Arrupe. Religieuses, religieux, amis, connaissances et paroissiens n’ont pas manqué ce grand rendez-vous. Parmi les invités il y avait deux évêques : Mgr Charles Vandame et Mgr Mathias Ngarteri, ancien élève du père André Martin à Sarh (Fort Archambault). Les compagnons jésuites présents à cette cérémonie ont excellé dans les conversations spirituelles; un constat ! Après l’intervention du P. Serge Semur présentant la lettre de félicitation du P. Général au père André Martin pour ses 70 ans de vie religieuse, l’émotion était grande lorsqu’un ami de longue date donna son témoignage; témoignage d’une vie donnée joyeusement à Dieu dans le service des hommes. Après un moment vint le tour de l’élu du jour : plein d’humour, il nous retraça l’histoire de sa vocation et de son itinéraire dans la Compagnie de Jésus; «J’avais dix-sept ans quand j’ai demandé à entrer au noviciat jésuite d’Yzeure dans la province de Lyon. Ma mère émettait des doutes quant à la réalité de ma vocation au sacerdoce. Mais soutenu par la grâce et par un vieux père jésuite, j’ai tenu bon jusqu’au bout». Dans son intervention le père n’a pas manqué d’exprimer son attachement et sa joie à cette église du Tchad aujourd’hui en pleine effervescence par le nombre croissant de baptisés, la grande responsabilité des laïcs et leurs engagements dans la vie ecclésiale, beaucoup de vocations au sacerdoce et à la vie religieuse avec deux grands séminaires et des petits séminaires, les congrégations religieuses qui commencent à s’implanter au Tchad, le progrès dans l’œcuménisme et l’amorce d’un dialogue islamo-chrétien, etc.; un silence attentif et recueilli, entrecoupé par de joyeux applaudissements, accompagna son discours. Il en a profité pour faire montre de ses qualités de prédicateur. |
Le père ne chôme pas, il continue d'assurer à la cathédrale les messes quotidiennes et dominicales auxquelles il est très attaché. En outre, il est impliqué dans le suivi du groupe charismatique de Kabalaye : énorme travail accompli auprès des «âmes». Un tel zèle montre la fidélité et la perspicacité dans la mission que lui confie la Compagnie, espérant que cet exemple inspirera les plus jeunes. De toutes les façons, c’est « un serviteur quelconque qui n’a fait que son travail.» A titre de rappel, notons que le père André Martin fait partie du premier contingent jésuite pour la mission du Tchad. Arrivé au Tchad en septembre 1949, le père s’était engagé au début dans l’éducation avec la création des écoles de moniteurs et plusieurs écoles primaires dans l’actuel diocèse de Sarh. Quelques années plus tard, il a reçu une autre mission dans le diocèse de N’Djaména où il a été respectivement curé de la paroisse saint Paul de Kabalaye pendant dix ans, puis de Bousso, Ba-Illi, Kyabé et enfin de la Cathédrale de N’Djaména où il était vicaire. Aujourd'hui il est prêtre coopérateur, un titre provisoire qu’il aime bien en attendant le prochain status qui ne tardera pas à sortir d’ici peu. Pour long que soit le chemin on y parvient toujours, un appel à l’endurance. Pour la petite histoire le P.A. Martin est un fan de l’Olympique Lyonnais et un passionné de l’équitation. Nos sincères remerciements au frère ministre Antoine Trombert et à son équipe qui ont offert à nos invités un bon repas et aussi à Elie Haba qui a assuré l’animation avec les variétés musicales. Louange à Dieu pour sa fidélité et pour toutes ses merveilles dans la vie des hommes. Joseph SAMEDI, S.J. Le père André Martin |