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Jubilés : Couselo, Lomazzi et Chatagnon Le 1er novembre dernier, tout le diocèse de Sarh s’est réuni autour du Frère José Couselo-Noya, alias Pépé, des Pères Luigi Lomazzi et Pierre Chatagnon pour se souvenir avec eux des dizaines d’années qu’ils ont passées dans la vie religieuse : soixante ans pour le Frère Pépé et pour le Père Lomazzi, et cinquante ans pour le Père Chatagnon. Une messe d’action de grâce réunissant plus d’une centaine de personnes et un repas festif ont été organisés pour la circonstance. Au début de la célébration, le Père Ramon Fabregat, prenant la parole pour souhaiter la bienvenue aux invités, fera savoir que non seulement tous les trois ont passé la plus grande partie de leur vie religieuse au service de l’Eglise du Tchad, mais aussi qu’en tant que jésuites, ils sont parmi les pionniers (les pères Guy Abeille, Corrado Corti et André Martin, pour ne citer que ceux-là, ne seront pas oubliés) de l’évangélisation de ce pays. Nous retiendrons que le Père Lomazzi est arrivé au Tchad en 1959, le Frère Pépé en 1961 et le Père Chatagnon en 1965. C’est sur ce ton que le P. Ramon conviera les participants à une action de grâce pour ce que le Seigneur a fait pour les jubilaires et pour ce qu’il continue de faire par eux pour son Eglise au Tchad. Le Père Chatagnon, célébrant principal, tout en voulant d’abord célébrer la Toussaint, nous donnera davantage son témoignage dans la Compagnie et dans l’Eglise du Tchad, non sans souligner la participation globale des trois jubilaires dans la vigne de Notre Seigneur et particulièrement dans le champ apostolique du Tchad. C’est l’étonnement et la reconnaissance malgré les vicissitudes de leur vie : Pépé, Lomazzi et Chatagnon lui-même ont reçu la grâce de l’appel et de la réponse, et puis la grâce de la persévérance ; ils ont été fidèles à leur vocation. Mais s’ils l’ont été, c’est parce que le Seigneur, le premier, est fidèle. Le Père Chatagnon se rappellera son parcours : l’Eglise dans laquelle il était entré en son temps était une Eglise austère, l’Eglise sous Pie XII ; puis arriva la période de respect et de créativité, l’Eglise sous Jean XXIII, période de grande grâce dans la vie religieuse. Mais c’est dans cette Eglise mère qu’il a tout appris. C’est pour lui une action de grâce pour l’Eglise et pour la Compagnie. Il se reconnaîtra dans la vie du noviciat (son noviciat, dit-il, « était un vaste périmètre garni d’un mur d’environ trois mètres de haut avec une porte cochère et impressionnante qui rappelait un peu la porte de l’enfer de Dante… ») où il entra en 1951 dans la province de Lyon avec pour Père Maître Charles Jacquet et pour Chef Cuisinier le Frère Antoine Trombert. Enfin ce sera sa participation dans la vie de l’apostolat du Tchad qui sera évoquée : d’abord à Bousso dès 1965 et ensuite à Sarh depuis 1974. C’est une action de grâce pour les Tchadiens, ceux-là mêmes qui les ont accueillis sans discrimination de culture et surtout qui les ont écoutés. Les catéchistes sont reconnus comme les facilitateurs de cette mission. Finalement, le Père Chatagnon peut se féliciter d’avoir assisté à la naissance et à la croissance de l’Eglise du Tchad tout entier, car à son arrivée il n’y avait qu’un seul prêtre tchadien ; mais aujourd’hui on peut s’émerveiller du nombre croissant de ce clergé. En racontant son expérience personnelle, le P. Chatagnon s'exprimait au nom des trois jubilaires, permettant au Frère Pépé et au Père Lomazzi de rester très discrets. Mais cette discrétion ne peut nous cacher ni leur participation active à la naissance et à la croissance de cette Eglise du Tchad, ni ce qu’ils continuent à faire pour la plus grande gloire de Dieu à Sarh. Un grand repas amical et fraternel a clôturé ces anniversaires de vie religieuse.
Saturnin Tsayem, S.J. |