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La Province

 


Superficie :  196.182 km²

Population :  10,6 millions d’habitants

Principales villes : Dakar, Thiès

Principale religion :  Islam

Nombre de chrétiens catholiques :  601.089

Nombre de diocèses :  7

 

Arrivée des premiers jésuites :  1973

 Oeuvres:

-   Oeuvre pour la jeunesse : Centre S. Pierre Claver

-   Paroisse : S. Pierre Claver

 

 

·    Résidence S. Pierre Claver

B.P.  167  TAMBACOUNDA  (Sénégal)
Tél.  
(221)  981 22 16

Fax  (221)  981 19 45

gagnonsj@yahoo.fr

 

Paroisse S. Pierre Claver

 

Centre S. Pierre Claver

 

Jubile: Adrien Léonard

 

Écho de Tambacounda

 

30 ans de présence

 

Voeux solennels

Texte des Pères Chrysologue Allaire, S.J. et Adrien Léonard, S.J.  

      30 ans de présence jésuite au Sénégal

  A - ZIGUINCHOR

LE COLLEGE  SAINT-CHARLES LWANGA 

C’est à la demande de Mgr Augustin Sagna, évêque de Ziguinchor, que nous avons  pris en charge le collège Saint-Charles Lwanga. Nous y sommes demeurés dix ans, soit du 1er septembre 1973 au 12 août 1983, jour de notre départ pour Tambacounda.

Notons tout de suite qu’il revient au père Charles Dubé d’avoir assuré le début du collège. En effet, il ouvre, à la demande de Mgr Sagna, deux classes de seconde, en octobre 1970, à la Maison des oeuvres du diocèse; en 1971, s’ajoutent deux classes de première. Le père Dubé rentre au Canada en juillet 1972. C’est l’abbé François Diandy qui prend la relève et ouvre deux classes de terminale. À Pâques, avril 1973, le personnel et les élèves se transportent dans les nouveaux bâtiments.

En septembre 1973, une équipe, composée de six jésuites, arrive pour prendre officiellement charge du collège. Équipe de cinq pères et d’un frère, soit les pères Adrien Léonard, supérieur de la communauté et directeur du collège,  Yvan Carrier, professeur de sciences naturelles, Charles Dubé, professeur de français, Gérard Goulet, professeur de latin et de  français, Paul-Émile Tremblay, professeur de sciences physiques et le frère Mathurin Charlot  qui quitte en avril 1974, son travail d’installation de la communauté étant terminé. À cette équipe s’étaient jointes six religieuses du Bon Conseil dont 4 enseignantes, et 3 coopérants laïcs canadiens.

En septembre 1974 s’ajoute à l’équipe le père Alfred Ducharme, professeur de sciences physiques, qui nous quittera en juillet 1977. Le père Paul-Émile Tremblay quitte à son tour en juillet 1979 et est remplacé en décembre de la même année par le père Chrysologue Allaire, professeur de sciences physiques. Le père Allaire est nommé supérieur de la communauté. Ajoutons la venue dans notre communauté du père Roger Lavoie qui, de 1979 à 1981, a enseigné les sciences naturelles au séminaire Saint-Louis, puis  est rentré au Canada et  aussi de M. Roger Lupien, un coopérant canadien, (un ancien du collège Sainte-Marie), professeur de mathématiques et de sciences physiques. Il a enseigné trois ans au collège, soit de 1976 à 1979.

Durant notre séjour à Ziguinchor, aucun événement spécial n’a marqué la vie du collège.  Nous avons bâti un collège de la Compagnie! Avec sa discipline, ses exigences académiques et de bons résultats (en général) aux examens de l’État. Collège de second cycle, composé, selon les années de 8 ou 9 classes, dont les effectifs variaient entre 300 et 350 élèves, mixte, mais où les garçons étaient nettement majoritaires, de religions catholique (50%),   musulmane et animiste, mais sans jamais poser de problème de cohabitation.  Bref un collège ordinaire.

Ajoutons enfin que nous avons équipé le collège d’une bonne bibliothèque (environ 5000 volumes) et de laboratoires de sciences physiques et de  sciences naturelles.

En juillet 1983, nous quittons le collège, estimant que nous avons atteint le but proposé. Le collège est bien organisé et nous jugeons qu’il appartient maintenant au clergé diocésain de prendre la relève, puisqu’il s’agit de son œuvre.

- Pastorale

En plus de notre ministère au collège auprès des élèves (messe hebdomadaire, groupes de réflexion chrétienne, direction spirituelle, rencontres  islamo-chrétiennes, etc.), nous avons fait durant ces dix années à Ziguinchor des ministères dominicaux en brousse, spécialement à Boutoupa, Bindialoum, Soucouta et Niaguis. Nous avons également assuré la messe quotidienne chez les frères du Sacré-Cœur (juvénat) et l’aumônerie. Nous avons aussi donné plusieurs récollections aux religieuses du diocèse et quelques retraites annuelles.

- Père Gérard Goulet

En 1980, le père Gérard Goulet quittait Ziguinchor pour assurer le service de l’aumônerie chez les Frères du Sacré-Cœur à leur maison de Nianing (noviciat et juvénat).  De 1980 à 1985, année de son départ du Sénégal, le père a donné de nombreuses récollections et retraites aux frères et aux grands séminaristes de Sébikhotane.

- Relations

Nos relations avec l’évêque   de Ziguinchor et le clergé diocésain  ont toujours été cordiales.

 

B – TAMBACOUNDA 

C’est à la suite d’un long discernement communautaire (option pour aller vers les plus démunis) et avec l’approbation du Père provincial que nous nous sommes orientés vers Tambacounda, avec l’intention de fonder un centre socio-culturel et, pour répondre au désir du Préfet apostolique du lieu, de prendre en charge une paroisse.

Nous sommes arrivés à Tambacounda le 13 août 1983. Nous étions trois, les pères  C. Allaire, supérieur,   Y. Carrier et A. Léonard.  Au début, nous logions à la Procure du diocèse, en attendant la construction de notre résidence au quartier Plateau. C’est en septembre 1984 que nous l’occuperons. Grâce à une aide substantielle de l’organisme canadien ‘‘Développement et Paix’’, nous avons dès lors commencé la construction des bâtiments du Centre socio-culturel. Le tout sera terminé en septembre 1986.

LE CENTRE SOCIO-CULTUREL SAINT-PIERRE CLAVER

Situé sur un terrain d’un hectare, le Centre est, à l’origine, un ensemble composé d’une bibliothèque, d’une  salle  de lecture,  d’une grande salle de 500  places pour conférences et spectacles et du bâtiment des bureaux.  Avec ses belles allées bordées de "Tévécia", son joli gazon et ses arbres, il constitue, dans le contexte du climat de sécheresse de Tambacounda, un cadre idéal pour les études et la recherche.  Son personnel est composé du directeur, le P. Adrien Léonard,  de deux bibliothécaires, de deux ouvriers chargés de l’entretien et d’un gardien.

 La bibliothèque

Ouverte le 1er novembre 1986, la bibliothèque accueille les abonnés sept jours sur sept de 8h à 12h, de 15h30 à 19h et de 20h30 à 23h (sauf le soir  du samedi et du dimanche). La population visée par l’œuvre de la bibliothèque est celle des élèves de la troisième à la terminale, les enseignants et les fonctionnaires. La bibliothèque offre à cette population, en plus d’une riche documentation scolaire, toutes sortes de livres indispensables à son épanouissement intellectuel et culturel. En dehors du travail à la bibliothèque, ceux des élèves qui en manifestent le désir peuvent se faire accompagner dans leurs études. Une méthode de travail est également présentée à ceux qui en font la demande.

En ce qui concerne les abonnés, ils étaient, en 1986-1987, 412 et le nombre de présences de travail atteignit 9422 durant l’année. Ce nombre a très vite évolué pour atteindre en 1994 le chiffre de 773 abonnés et plus de 25000 présences de travail.

Ces chiffres sont importants et signent la réponse à un besoin. Ainsi la bibliothèque qui  avait  été conçue pour accueillir une cinquantaine de personnes, s’est avérée très vite débordée, vu  le taux de fréquentation.  Dès 1988, il a fallu ajouter deux salles de lecture, en 1989, trois cases rondes de 35 mètres de surface et en 1992 trois autres cases de même dimension. Avec cette structure, le Centre peut accueillir aisément plus de 200 personnes à la fois, leur offrant un lieu agréable de travail.

Une baisse de fréquentation est cependant enregistrée depuis 1995. La raison de cette baisse est l’augmentation depuis cette année-là des heures de scolarité pour les élèves de terminale. Ils ne peuvent être à deux endroits en même temps! 


 Le fonds de la bibliothèque

Au 31 décembre 2002, le fonds de la bibliothèque comptait 5806 volumes.  Notre objectif est d’atteindre 7500 livres. Ce fonds se diversifie comme suit : 10% d’ouvrages de références (encyclopédies, dictionnaires, etc.), 50% d’ouvrages de sciences humaines et 40% d’ouvrages de .sciences pures. Le nombre d’abonnements à des périodiques est, hélas, trop restreint. Nous sommes abonnés à deux  journaux sénégalais  et  à  deux revues  Jeune Afrique et  Peuples du Monde. Le financement du fonctionnement de la bibliothèque est assuré par la communauté jésuite.

Le fonds de la bibliothèque a été acquis grâce à  des dons provenant de Misereor-Missio (20%) et de bienfaiteurs canadiens  (80%). Estimé en francs CFA après dévaluation, ce fonds s’établit à plus de 22 millions. Opérationnelle depuis 17 années, la bibliothèque compte  maintenant beaucoup de livres  usés. Il faut penser  à  les remplacer. Nous  n’en n’avons pas les moyens. La Providence y pourvoira, sans doute…Il ne nous reste plus qu’à invoquer S. Pierre Claver, notre patron!…

 Les activités socio-culturelles

En plus de la bibliothèque, la plus grande activité du Centre, il y a les activités socio-culturelles: conférences, théâtre, concerts, fondation de deux clubs, l’un littéraire, l’autre philosophique, exposition de dessins, concours de poésie,  projection de vidéo-cassettes.

 Ajoutons une autre activité, non moins importante: la présence aux jeunes. En effet, le Centre assure une aide spéciale et personnalisée aux jeunes en difficultés scolaires ou sociales. Une aide spirituelle est également offerte.

 Le Centre Saint-Pierre Claver constitue un grand apport au point de vue de l’encadrement humain et culturel de la jeunesse tambacoundaise, qui se sent suivie, encouragée aussi bien par l’atmosphère du Centre que par ceux qui y travaillent. Notre relation avec ces jeunes se fait dans un grand respect de ce qu’ils sont et de ce qu’ils apportent. Le Sénégal étant un pays à 95% musulman, l’œuvre du Centre est d’être le témoin d’une culture prônant les valeurs humaines et chrétiennes simplement par une présence confessionnelle bien affirmée.

 Autres activités.

  Petits projets financés par les Oeuvres du cardinal Léger et réalisés  par le Centre:

        - Projet d’animation sanitaire qui a touché plus de 7000 élèves de l’enseignement moyen

  et secondaire  (équivalent du niveau CEGEP au Québec).

              Ce  projet, régi par le médecin-chef de Région, a duré 16 ans,   soit de 1984 à 2000. Son   programme comportait plusieurs volets.

              Le premier volet  se nommait ACTION-SANTÉ:  prévention, dépistage et suivi médicaux, avec soins, si nécessaire,  ce qui  implique, en milieu démuni, la prise en charge des ordonnances prescrites par les médecins,  des participations (complètes ou partielles) aux frais d’hospitalisation, d’interventions chirurgicales, de frais dentaires et oculaires (achat de lunettes), sans compter les  temps de soutien psychologique et spirituel.

               Le deuxième volet se nommait INFORMATION. Sur l’hygiène, sur les principales maladies tropicales: paludisme (malaria), maladies parasitaires, maladies sexuellement transmissibles (sida).  Et  tuberculose, trop fréquente encore, au Sénégal.

              Le troisième volet se nommait AIDE SPÉCIALE AU LYCÉE (1000 élèves). Dons substantiels de médicaments. Campagnes répétées de chloroquinisation et de vitaminisation pour prévenir le paludisme et contrer l’anémie qui s’y rattache. Cours de secourisme.

           Malheureusement ce programme de santé a cessé, en 2001, faute de personnel et de moyens.

            - Projet de formation à la culture maraîchère, gestion et alphabétisation.

            Ce projet  a duré 3 ans. Il était sous la direction d’un technicien  horticulteur pour la culture agricole et la gestion et du père G. Garand pour l’alphabétisation.

            - Petits projets économiques pour aider des jeunes à s’établir pour gagner leur vie.

            Ce projet, commencé en 1988, se poursuit encore. Il touche plusieurs secteurs d’activités: a) taxi,  b) aviculture ( poules pondeuses, poulets-chair, pintades),  c) jardinage,  d) création de petits commerces (boutiques d’alimentation,  de petits articles d’utilité courante, etc),  e) création d’ateliers de menuiserie-bois, de menuiserie-métallique, de soudure, de  couture, impliquant la  formation d’apprentis dans chacun de ces ateliers.

 

L’ ÉGLISE SAINT-PIERRE CLAVER

            C’est à la demande de Mgr Clément Cailleau, préfet apostolique, que nous avons accepté la direction d’une paroisse à Tambacounda. La paroisse Saint-Pierre Claver fut fondée en octobre 1983, par le père Jean Bernard, remplaçant temporaire de Mgr Cailleau, victime d’un accident de la route. Mais dès juillet avait commencé le service paroissial. La messe dominicale se célébrait à la maison de Michel Bangar, catéchiste. En octobre, le père Yvan Carrier fut nommé officiellement curé. La nouvelle paroisse était implantée au quartier Plateau et devait desservir les trois quartiers Pont, Abattoirs et Plateau. À partir de sa fondation, la paroisse eut son siège au Foyer Saint-Paul. Le curé et son catéchiste y avaient leurs bureaux et la messe se célébrait sous un abri couvert de feuilles de rônier. Cette situation dura d’octobre 1983 jusqu’en décembre 1985, année où le Centre offrit sa salle de spectacle pour servir d’église à la paroisse, en attendant la construction d’une église proprement dite. Le siège de la paroisse se transporte alors au Centre, où s’installent les bureaux. L’accroissement régulier et rapide des élèves qui se sont prévalus des services du Centre rendit urgente la construction d’une église. Le site choisi pour l’église se trouve juste à côté du Centre. Les fondations de la nouvelle église ont été posées en mai 1993 et la bénédiction de l’église est célébrée par Mgr Jean-Noël Diouf, le 18 février 1995. C’est le père Adrien Léonard qui a conçu et réalisé l’église, telle que nous la voyons maintenant.

   La paroisse compte en 2003 environ 500 fidèles.  C’est  une paroisse de première évangélisation, composé de gens peu scolarisés, peu fortunés, pour ne pas dire plus, mais bien sympathiques. Au départ du père  Carrier, en 1987, le père Chrysologue Allaire est nommé curé. Il quitte  en 1997, au grand regret de ses paroissiens. Il est remplacé par le père Joël Rouméas, lequel quittera en juin 2000. Le père Léonard assure l’intérim comme curé jusqu’à la nomination, en novembre 2002, du père André Gagnon qui prend la relève et donne un nouvel élan à la paroisse.  

       - Autres ministères de 1983 à 2003 et divers.

            Le père Allaire anime l’émission religieuse hebdomadaire à la radio de Tambacounda de 1983 à 1990. Le père Adrien Léonard, renommé supérieur en décembre 1986, donne plusieurs récollections à différents auditoires, jeunes et moins jeunes, et plusieurs fois les Exercices (y compris de 30 jours) à des prêtres, religieux et religieuses; il est également économe-adjoint du diocèse de Tambacounda.

             La venue du P. Gilles Garand. Il s’occupe d’alphabétisation. Arrivé à Tambacounda en 1989,il quitte en juillet 1991 pour le noviciat de Bafoussan (Cameroun).

             Ministère en brousse, à Sall, du père Joseph Cavoret, expulsé du Tchad. Il a séjourné 5 ans à Tambacounda. Arrivé en 1988, il nous quitte en 1993 pour retourner au Tchad.

            Notons la venue du père André Souk, comme vicaire à la paroisse. Il n’est resté que quelques mois. Malade, il a dû quitter.

            Enfin signalons, depuis 1994, la venue de ‘‘régents’’ (stagiaires) qui ont contribué par leur jeunesse,  leurs initiatives  et leur sens apostolique à animer le Centre et la Paroisse Saint-Pierre Claver.

            Nous rendons grâce au Seigneur de ces trente années de service apostolique en terre sénégalaise. “A Dieu notre Père soit la gloire pour les siècles des siècles”  (Ph.4/22).

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P.S.  Sont décédés: P.Yvan Carrier (27 avril 1996),  P. Charles Dubé (24 juillet 1979), P. Gérard Goulet (3 janvier 1994), P. Gilles Garand (3 janvier 1991, au Cameroun) et P. Roger Lavoie (14 octobre 1993).